Dans l’inventaire à la Prévert auquel se livrent experts et politiques en matière de niches fiscales et sociales, celles qui concernent les emplois à domicile reviennent systématiquement sur le devant de la scène. L’exercice s’est intensifié depuis que l’Etat s’est engagé à réaliser 12 Mds€ d’économies budgétaires cette année et en 2012 afin de rentrer dans les clous posés par Bruxelles et les agences de notation.
Un rapport très critique
Rendu public ce week-end, le rapport commandé par François Fillon à l’Inspection des finances stigmatise le dispositif. Les aides pour les services à la personne « semblent surcalibrées par rapport à l’objectif de lutte contre le travail au noir », disent les auteurs, qui dénoncent aussi des créations d’emplois insuffisantes. Pourtant environ 3,5 millions de personnes ont recours à des assistantes de vie, des nounous ou des enseignants à domicile. Au total, 1,7 million d’emplois ont été créés ou officialisés. On est loin des quelques dizaines de milliers de privilégiés qui ont investi, moyennant des défiscalisations massives, dans le cinéma ou les monuments historiques et des 40 000 emplois créés en deux ans grâce à la baisse de la TVA dans la restauration. « Si l’on a doublé le nombre d’emplois en dix ans, c’est grâce au dispositif fiscal et parce que les besoins ont évolué et se sont démocratisés. Considérer que cet avantage est une niche de riches, c’est oublier la réalité de nos concitoyens qui l’utilisent. Sa suppression signerait le retour vers un secteur non déclaré », affirme Marie-Béatrice Levaux, présidente de la Fepem, la — principale — Fédération des particuliers employeurs. La diminution en janvier des allégements de cotisations a déjà fait perdre environ 8000 emplois. A quelques mois de la présidentielle, à droite et à gauche, on avance sur des œufs. II reste au moins 1Md€ d’économies à trouver pour 2012. « Certaines catégories de niches favorisent l’économie, d’autres la cohésion sociale », a juste précisé hier à BFM TV Valérie Pécresse, la ministre du Budget. A bon entendeur…
Source : leparisien.fr
